Le métier & le parcours

Un artisan, des anneaux. Une histoire à partager.

L’haubergerie est le métier de celles et ceux qui fabriquent, ajustent et réparent les armures de maille. Ici, ce savoir-faire se fonde sur les armures, l'histoire et se prolonge aussi dans les bijoux et les accessoires plus modernes.

Dans l’haubergerie de Pontius, la maille n’est pas qu’un assemblage d’anneaux : c’est une matière qui prend vie, façonnée avec patience, rigueur et savoir-faire.

Chaque pièce qui passe entre les mains de l’haubergerie que ce soit armure, bijou ou accessoire, est travaillée avec le même respect, celui du geste juste et du détail qui fait la différence.

Réparer, ajuster, restaurer… mais aussi créer. Des parures discrètes aux pièces plus marquées, chaque création en maille porte en elle l’empreinte de l’artisan et une part d’histoire à venir. Rien n’est laissé au hasard, chaque anneau trouve sa place, chaque assemblage à son sens.

Ici, on ne fait pas que redonner vie au métal : on perpétue un savoir ancien, au service de ceux qui portent la maille avec fierté.

J’ai commencé à fabriquer des anneaux le 8 janvier 2020. Ce premier projet, né d’une discussion avec un ami, est devenu une armure complète après plusieurs centaines d’heures de travail.

Les rencontres avec le public ont ensuite donné une autre dimension à cette pratique. En juillet 2023, la TwitchCon à Paris a été un déclic. L'Haubergerie de Pontius a été créée le 24 juillet 2023, avant une première participation en tant qu’artisan aux Médiévales d’Amiens.

Aujourd’hui, fabrication, réparation et transmission se complètent. Les sources historiques nourrissent le travail et l’expérimentation aide à comprendre la matière et à expliquer les gestes.

Pontius, haubergier, 2024, Saint Amand Montrond
Heinz, haubergier/Salbürett/Sarwürker, 1425 — Hausbuch der Mendelschen Zwölfbrüderstiftung, Nürnberg, Amb. 317.2°, fol. 10r.

Qu'est-ce que l'haubergerie?

L’haubergerie est un métier d’art ancestral consacré à la fabrication, à l’entretien et à la réparation des armures en mailles métalliques, dont les plus connues sont les célèbres cottes de mailles. L’artisan qui exerce ce savoir-faire est appelé haubergier.

Ces armures sont constituées de milliers, parfois de dizaines de milliers de petits anneaux métalliques entrelacés les uns dans les autres. Assemblés minutieusement à la main, ils forment une protection à la fois souple et résistante, capable d’accompagner les mouvements du corps. Particulièrement efficace contre les coups tranchants, la maille constitue pendant des siècles l’un des principaux moyens de protection des combattants.

L’origine des premières véritables armures en mailles remonte à la fin du IVe siècle avant J.-C., aux alentours de 300 av. J.-C. Leur invention est aujourd’hui attribuée aux peuples celtes de la civilisation de La Tène, présents dans une grande partie de l’Europe. Les premières découvertes archéologiques se concentrent notamment en Europe centrale et orientale, dans des régions correspondant aujourd’hui à plusieurs pays, dont la Slovaquie et la Roumanie.

D’abord réservée principalement aux guerriers les plus fortunés, cette protection se diffuse progressivement au-delà du monde celtique. Les Romains l’adoptent à leur tour, sous la forme notamment de la lorica hamata, avant que son utilisation ne se poursuive durant tout le Moyen Âge.

Au Moyen Âge, le haubergier est un artisan spécialisé dans la confection des protections en mailles. Son travail consiste à préparer, assembler et fermer les anneaux, souvent à l’aide de minuscules rivets, afin de réaliser des équipements adaptés aux besoins des combattants. Hauberts, haubergeons, coiffes, chausses et autres protections nécessitent une maîtrise technique importante ainsi que de nombreuses heures de travail.

Contrairement à une idée répandue, l’apparition des armures en plaques ne provoque pas immédiatement la disparition de la maille. Les deux protections coexistent longtemps, la maille continuant notamment à protéger les parties du corps difficiles à couvrir avec des pièces rigides.

Aujourd’hui, l’haubergerie perpétue un savoir-faire vieux de plus de deux millénaires. Entre travail du métal, recherche historique et préservation du patrimoine, le haubergier moderne poursuit les techniques de fabrication traditionnelles, restaure des équipements et réalise des reproductions historiquement documentées.

Bien plus qu’un simple assemblage d’anneaux, l’haubergerie représente un héritage artisanal et technique, témoignant de l’ingéniosité des anciens artisans et de l’évolution des équipements de protection à travers les siècles.

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